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21.3.12

Beigbeder Frédéric - Un roman français.


Résumé de l'éditeur

C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère.
C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays de suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage.
C'est l'histoire d'une pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées [...].
C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés.
Telle est la vie que j'ai vécue: un roman français.

F.B
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Autant dire la vérité, le bouleversement est total. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas l'avoir fini avant de rencontrer l'auteur, au Salon du Livre. Frédéric Beigbeder vous donne l'impression, quand il vous regarde, qu'il est perdu, qu'il cherche à s'accrocher à quelque chose, & que son monde menace sans cesse de s'effondrer sur lui. Moi j'l'ai vu comme ça.

Passer de n'importe quel roman à cette petite autobiographie, c'est faire le grand écart. Et en même temps, rapprocher les bords. On différencie l'homme de l'écrivain, en comprenant que c'est l'homme qui vit, qui fait celui qui écrit.
Je ne sais pas si tout est vrai. Je pense d'ailleurs que lui-même n'est pas sûr de tout. Qu'il rédige avec ses souvenirs d'enfants, peut-être brouillés voire déformés par la vision que l'adulte lui impose. C'est sûrement pour ça que ce livre est rangé dans la catégorie "roman". Ça, et aussi pour dire du mal sans se mouiller (peut-être ?).

Si j'ai mis trois ou quatre jours pour lire la première moitié du livre, il m'a fallu moins de deux heures pour en lire la seconde. Accrochez-vous, en fait.

Je mets la couverture du format poche, alors qu'en temps normal, j'ai tendance à mettre celle du grand format. Pour la simple & bonne raison que l'aquarelle qui représente Beigbeder jeune, est magnifique, et mille fois plus intéressante que la couverture jaune unie de Grasset.

Disponible en grand format: Grasset, 18€
Disponible en format poche: Le livre de poche, 6.50€

(J'ai terminé deux livres en une soirée, je me sens âme d'héros).


22.1.12

Beigbeder Frédéric - Nouvelles sous ecstasy.




Résumé de l'éditeur:

Dans les années 1980, une nouvelle drogue fit son apparition dans les milieux noctambules: le MDMA, dit "ecstasy". Cette "pilule de l'amour" procurait d'étranges effets: bouffées de chaleur, envie de danser toute la nuit sur de la techno, besoin de caresser les gens, grincements de dents, déshydratation accélérée, angoisse existentielle, tentatives de suicide, demandes en mariage. C'était une drogue dure avec une montée et une descente, comme dans les montagnes russes ou les nouvelles de certains écrivains américains. L'auteur de ce livre n'en consomme plus et déconseille au lecteur d'essayer: non seulement l'ecstasy est illégal, mais en plus il abîme le cerveau, comme le prouve ce recueil de textes écrits sous son influence. Et puis, avons-nous besoin d'une pilule pour raconter notre vie à des inconnus ? Alors qu'il y a la littérature pour ça ?

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Je crois que c'est le livre que j'préfère de Beigbeder (si on enlève la préface de Premier bilan après l'apocalypse). Il détend. Et puis l'avantage des nouvelles, c'est que si l'une nous bassine, on passe à la suivante, et on ne loupe pas l'essentiel.
J'ai trouvé ça chouette. En un sens ça m'faisait penser à Mordre au travers, le recueil de nouvelles de Despentes. En tout aussi basé sous la ceinture, mais en plus poétique, plus agréable, moins agressif. Beigbeder a ce pouvoir de m'faire dire d'un livre sur l'autre "ah mais comment j'aime ce mec" et "il m'saoule". Je ne le cerne pas, & j'espère HONNÊTEMENT que je ne le cernerai jamais. J'aime ne pas savoir si ce que je vais lire de lui sera un manifeste de son statut d'écrivain, ou une manifestation de son statut de mâle.

Nouvelles sous ecstasy se lit rapidement. Un trajet de train de moins d'une heure. Vous aurez l'air idiot, un gros sourire de gamin collé à votre visage, ou de grosses taches rouges sur les joues, de peur que votre voisin s'imagine que vous être en train de lire un roman érotique. Redondance de mots gênants. Je ne suis ni chaste, ni prude, seulement sensible. Et j'ai a-do-ré !

Disponible en grand format: Gallimard, 12.50€
Disponible en format poche: Folio, 4.10€

(Il existe aussi en livre audio, chez Gallimard pour la modique somme de 5€ et des poussières. Mais ça doit être particulièrement.. étrange !)

Beigbeder Frédéric - Premier bilan après l'apocalypse.






Résumé de l'éditeur:

L'apocalypse, serait-ce donc l'édition numérique, ou comme dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, la température à laquelle le papier s'enflamme et se consume ?
Dans son Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder commentait le choix de la FNAC. Désormais, dans cette arche de papier, il sauve au vingtième siècle tous les livres, pour être précis les 100 oeuvres, qu'il souhaite garder au vingt-et-unième siècle. C'est donc un choix totalement personnel, égoïste, joyeux, inattendu, parfois classique (Fitzgerald, Paul-Jean Touler, Salinger et d'autres grands), souvent surprenant (Lolita Pille, Simon Libérati, Patrick Besson, Jay Mc Inerney, Bret Easton Ellis, Gabriel Matzeff et d'autres oiseaux de nuit, d'autres perturbateurs). Il est rare d'établir le panorama d'une littérature en train de se faire, de s'améliorer, de s'inventer. Avec ce livre-manifeste, c'est le Beigbeder livresque, joueur, lecteur, que nous découvrons, en même temps qu'une autobiographie en fragments.

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A ceux qui ont lu Dernier inventaire avant liquidation, vous retrouverez le Beigbeder savant, le lecteur, l'amoureux des livres. Celui qui vous fait comprendre que vous êtes à la ramasse, parce que sur les 100 livres qu'il souhaite emporter dans sa tombe, vous en avez lu deux. Et encore, pour l'un d'entre eux, c'est l'collège qui vous a forcé à le lire. Personnellement j'en ai lu 5. Plus que 95 !

M'enfin là n'est pas l'essentiel. J'crois que le véritable pouvoir de ce bouquin se trouve dans son fond, touuuut au fond, plutôt que dans cette forme de catalogue des plus belles lectures. Nan parce que sérieusement, rien que préface (de sa plume). C'est, pour tous les défenseurs du livre papier, la plus belle préface du monde. Une plaidoirie du livre en version papier, en version "noble", face à ce livre électronique, dénué de charme & de sens, dénué de toute mysticisme. Le livre papier est une oeuvre d'art. Un objet de pouvoir.
Une plume d'or pour une cause noble. Cette préface a quelque chose de magique. De mystérieux. De fort. Elle détruit tout ce qui était pourri pour reconstruire du plus beau, du plus neuf. Du plus royal. Cette préface devrait être enseignée à l'école. Et j'écris ce que je pense.

J'sais pas si c'que j'dis a un sens. J'en doute. Seulement, si vous êtes un amoureux des livres, allez chez votre libraire, prenez Premier bilan après l'apocalypse, cachez vous dans un rayon & lisez la préface. Ne l'achetez pas, si savoir quels sont les 100 livres préférés de Beigbeder ne vous intéresse pas. Mais borde*, lisez ces 16 premières pages. Vous reviendrez de loin.

"L'indifférence des endormis ne signifie pas que ce qui arrive n'est pas grave" - Beigbeder.

Disponible en grand format: (uniquement) Grasset, 20.50€

2.10.11

Beigbeder Frédéric - L'égoïste romantique.




Résumé de l'éditeur:

Cette histoire commence en l'an 2000. Oscar Dufresne a 34 ans. C'est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique & obsédé sexuel - bref, c'est un homme comme les autres.
Ainsi l'auteur définit-il son livre, roman-journal et chronique des "people": "Il faudrait pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d'antijournal. C'est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril."

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Il est de ces livres qui sont des tournants dans votre vie. Ceux qui font mal, qui font pleurer, ceux qui font sourire, ceux qui font rire. Et puis on a celui-ci, un peu à part. Oh il n'est pas seul dans sa catégorie: il y rejoint les seuls membres acceptés dans cette case, en gros les romans de Beigbeder (J'ajouterai bien le roman de Lolita Pille, mais ça on s'en tape).
Je sais pas qui je dois remercier, pour ne pas m'être arrêtée de lire Beigbeder après L'amour dure trois ans. J'aurai carrément loupé quelque chose en ne lisant pas l’Égoïste romantique.
Ya tout c'qu'on peut aimer: du cynisme, un tout ptit peu d'amour, des filles, un homme (vous comprenez ?), énormément de très belles phrases, parce que beaucoup beaucoup beaucoup d'intelligence & de culture chez Frédéric.
C'est pas tant l'humour & le cynisme que j'apprécie. Ce sont ses jolies phrases. Alors ouais, des jolies phrases j'pourrais en trouver dans Dumas, Balzac ou je ne sais quoi. Mais c'est plus chiant.

J'ai rien à dire en fait. J'ai juste vraiment vraiment apprécié ce livre (rien que pour la vanne de (et non pas sur) Amélie Nothomb :) )

Disponible en grand format: Grasset, 18€
Disponible en livre de format poche: Gallimard, 7.30€

1.9.11

Beigbeder Frédéric - Dernier inventaire avant liquidation.




Je ne peux pas vous parler de la 4° de couverture, il n'y en a pas. Ici, Beigbeder s'adonne à un essai. Il s'agit d'analyses littéraires des 50 meilleurs livres du XX°s, choisis par les lecteurs.

Avec environ trois pages par livre, un autre oeil sur la littérature.

J'avais pas été fana de L'amour dure trois ans, sûrement pour des raisons personnelles (et parce que le cynisme à l'entonnoir, sans façon, merci !) mais là, j'applaudis. Des deux mains. Des mains et des pieds même !
Alors oui ça marche. L'humour ironique de Beigbeder se mêle totalement à la littérature. Que ce soit des petites piques lancées entre deux lignes, ou des réflexions positives sur une oeuvre en particulier, on y prend goût.

Ca se lit rapidement, mais on peut prendre tout son temps: les analyses n'ont aucun lien les unes les autres. C'est vraiment tip-top, & je ne suis plus fâchée avec Beigbeder.

Le seul hic que j'peux donner, c'est qu'il n'est pas à la portée de tout le monde. Il faut avoir lu les bouquins cités, ou au moins en avoir eu connaissance, sinon c'est assez lourd, et même chiant (perso, j'ai zappé les analyses des livres que je n'ai pas lu, parce que je n'arrivais pas à me mettre dedans).
Sinon, c'est D.I.V.I.N

Disponible en grand format: Grasset, 13.60€
Disponible en format poche: Gallimard, 5.42€