22.1.12

Beigbeder Frédéric - Nouvelles sous ecstasy.




Résumé de l'éditeur:

Dans les années 1980, une nouvelle drogue fit son apparition dans les milieux noctambules: le MDMA, dit "ecstasy". Cette "pilule de l'amour" procurait d'étranges effets: bouffées de chaleur, envie de danser toute la nuit sur de la techno, besoin de caresser les gens, grincements de dents, déshydratation accélérée, angoisse existentielle, tentatives de suicide, demandes en mariage. C'était une drogue dure avec une montée et une descente, comme dans les montagnes russes ou les nouvelles de certains écrivains américains. L'auteur de ce livre n'en consomme plus et déconseille au lecteur d'essayer: non seulement l'ecstasy est illégal, mais en plus il abîme le cerveau, comme le prouve ce recueil de textes écrits sous son influence. Et puis, avons-nous besoin d'une pilule pour raconter notre vie à des inconnus ? Alors qu'il y a la littérature pour ça ?

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Je crois que c'est le livre que j'préfère de Beigbeder (si on enlève la préface de Premier bilan après l'apocalypse). Il détend. Et puis l'avantage des nouvelles, c'est que si l'une nous bassine, on passe à la suivante, et on ne loupe pas l'essentiel.
J'ai trouvé ça chouette. En un sens ça m'faisait penser à Mordre au travers, le recueil de nouvelles de Despentes. En tout aussi basé sous la ceinture, mais en plus poétique, plus agréable, moins agressif. Beigbeder a ce pouvoir de m'faire dire d'un livre sur l'autre "ah mais comment j'aime ce mec" et "il m'saoule". Je ne le cerne pas, & j'espère HONNÊTEMENT que je ne le cernerai jamais. J'aime ne pas savoir si ce que je vais lire de lui sera un manifeste de son statut d'écrivain, ou une manifestation de son statut de mâle.

Nouvelles sous ecstasy se lit rapidement. Un trajet de train de moins d'une heure. Vous aurez l'air idiot, un gros sourire de gamin collé à votre visage, ou de grosses taches rouges sur les joues, de peur que votre voisin s'imagine que vous être en train de lire un roman érotique. Redondance de mots gênants. Je ne suis ni chaste, ni prude, seulement sensible. Et j'ai a-do-ré !

Disponible en grand format: Gallimard, 12.50€
Disponible en format poche: Folio, 4.10€

(Il existe aussi en livre audio, chez Gallimard pour la modique somme de 5€ et des poussières. Mais ça doit être particulièrement.. étrange !)

Beigbeder Frédéric - Premier bilan après l'apocalypse.






Résumé de l'éditeur:

L'apocalypse, serait-ce donc l'édition numérique, ou comme dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, la température à laquelle le papier s'enflamme et se consume ?
Dans son Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder commentait le choix de la FNAC. Désormais, dans cette arche de papier, il sauve au vingtième siècle tous les livres, pour être précis les 100 oeuvres, qu'il souhaite garder au vingt-et-unième siècle. C'est donc un choix totalement personnel, égoïste, joyeux, inattendu, parfois classique (Fitzgerald, Paul-Jean Touler, Salinger et d'autres grands), souvent surprenant (Lolita Pille, Simon Libérati, Patrick Besson, Jay Mc Inerney, Bret Easton Ellis, Gabriel Matzeff et d'autres oiseaux de nuit, d'autres perturbateurs). Il est rare d'établir le panorama d'une littérature en train de se faire, de s'améliorer, de s'inventer. Avec ce livre-manifeste, c'est le Beigbeder livresque, joueur, lecteur, que nous découvrons, en même temps qu'une autobiographie en fragments.

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A ceux qui ont lu Dernier inventaire avant liquidation, vous retrouverez le Beigbeder savant, le lecteur, l'amoureux des livres. Celui qui vous fait comprendre que vous êtes à la ramasse, parce que sur les 100 livres qu'il souhaite emporter dans sa tombe, vous en avez lu deux. Et encore, pour l'un d'entre eux, c'est l'collège qui vous a forcé à le lire. Personnellement j'en ai lu 5. Plus que 95 !

M'enfin là n'est pas l'essentiel. J'crois que le véritable pouvoir de ce bouquin se trouve dans son fond, touuuut au fond, plutôt que dans cette forme de catalogue des plus belles lectures. Nan parce que sérieusement, rien que préface (de sa plume). C'est, pour tous les défenseurs du livre papier, la plus belle préface du monde. Une plaidoirie du livre en version papier, en version "noble", face à ce livre électronique, dénué de charme & de sens, dénué de toute mysticisme. Le livre papier est une oeuvre d'art. Un objet de pouvoir.
Une plume d'or pour une cause noble. Cette préface a quelque chose de magique. De mystérieux. De fort. Elle détruit tout ce qui était pourri pour reconstruire du plus beau, du plus neuf. Du plus royal. Cette préface devrait être enseignée à l'école. Et j'écris ce que je pense.

J'sais pas si c'que j'dis a un sens. J'en doute. Seulement, si vous êtes un amoureux des livres, allez chez votre libraire, prenez Premier bilan après l'apocalypse, cachez vous dans un rayon & lisez la préface. Ne l'achetez pas, si savoir quels sont les 100 livres préférés de Beigbeder ne vous intéresse pas. Mais borde*, lisez ces 16 premières pages. Vous reviendrez de loin.

"L'indifférence des endormis ne signifie pas que ce qui arrive n'est pas grave" - Beigbeder.

Disponible en grand format: (uniquement) Grasset, 20.50€

14.1.12

Despentes Virginie - Les chiennes savantes.




Résumé de l'éditeur:

"La cabine n°1 avait quelque chose du confessionnal, version luciférienne. Granules épais rouge sombre le long des murs, comme repeints d'un vomi de viande saignante. C'était une pièce étroite et haute de plafond, séparée en son milieu par un gros grillage noir. Le client était assis en contrebas."
Louise travaille dans un peep-show et elle fait ça bien. Sans se forcer. Elle se renverse contre le mur, ferme les yeux et se met au boulot... Elle officie patiemment avec parfois cette envie d'être ailleurs, f'échapper à) son histoire...
Mais le jour où on découvre deux filles sur le carreau, gorges et visages bien nettoyés, écorchés... ça rigole plus pareil, d'un coup.. et Louise d'en apprendre, des choses, sur ce que les garçons font aux filles...

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Virgine Despentes reste ici fidèle à elle-même. Comprenez: si vous aimez l'emblématique "sex, drugs and rock'n'roll", alors foncez chez votre libraire et dites lui "Bonjour, je cherche du Les chiennes savantes".
Par contre si vous aimez la bière, les mélanges suspects, le Jack Daniel's, les bandes de potes toujours défoncés, le sang, la violence, le meurtre, les réseaux louches des peep-shows, la copine neu-neu, les maisons aux volets toujours baissés, la drogue, partout, roulée, dans l'nez ou dans les veines, si vous aimez les bastons pour une nana, si vous aimez la castagne de bar, les filles qui n'aiment pas les hommes (désolée Stieg), les relations humaines, les poings, les liens, la magouille, Big Brother, la haine, le feu, les garces, les salauds, la force et le désir, dites lui "Bonjour, n'importe quelle oeuvre de Despentes".

Despentes, c'est du roman moderne basé sur des thèmes transgénérationnels.

Disponible en grand format: Grasset, 18€
Disponible en poche: J'ai lu, 4.80€

2.12.11

Thilliez Franck - Vertige.




Résumé de l'éditeur:

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une question s'imposera, impérieuse: jusqu'où faut-il aller pour survivre ?
Pour son 10° roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue décortiquer l'âme humaine, confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu'à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore...

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Le deux trucs géniaux avec Thilliez, c'est que tout d'abord, il est français. Ca paraît rien comme ça, mais en fait, c'est une sorte de fierté nationale. Comme la Tour Eiffel, mais en moins métallique. Quoique ? Et puis, ses romans se passent en France. Plutôt dans le Nord en général (il vient de là-bas, notre Thilliez), ici on est du côté de Metz. Il existe de gros psychopathes en France, c'est bon à savoir.
C'est l'histoire de Jonathan, qui se réveille dans une grotte. Avec deux autres hommes, et son chien. Après avoir ratissé la grotte au peigne fin (façon de parler, deux sont enchainés & n'ont pas une possibilité extraordinaire de se mouvoir) ils mettent la main sur deux paires de gants, deux duvets, deux gobelets, deux oranges, deux bouteilles de Vodka, deux paquets de clopes, un briquet, un réchaud, une casserole, deux assiettes, deux fourchettes & cinq bouteilles de gaz. Ils sont trois. Commencent alors des guerres de possession, où le partage n'aura pas vraiment sa place.
Ils ne se nourrissent pas. S'hydratent en faisant fondre de la glace dans leur casserole. Ils gêlent, engelure & baisse de température interviennent. Les instincts remontent progressivement à la surface. La survie n'est pas vraiment fondée sur l'entraide, au premier abord.

La vraie question, c'est pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi ces messages écrits dans leur dos ? Chacun raconte son histoire, avec mensonges & omissions. Ces histoires sont mêlées. Comment & pourquoi ?

Ce livre tient du génie :) il est captivant, lu beaucoup trop rapidement. On est noyé dans une espèce de mélasse noire opprimante. Mais on lâche pas. On veut savoir.
C'est pas tellement le genre de bouquin auquel Franck Thilliez nous a habitué, avec ses précédents thrillers. Ici, on est plus dans un remake des films Saw. Et ce changement de bord, peut-être passager, lui va bien. On en redemande.

Disponible en grand format: Fleuve Noir, 20.90€

29.11.11

Grisham John - L'infiltré.




Résumé de l'éditeur:

Fraîchement diplômé de Yale et promis à une brillante carrière, Kyle McAvoy, jeune avocat, pensait emprunter l'autoroute du succès. C'était sans compter l'intervention d'une poignée de costumes noirs se réclamant du FBI. Dans leurs valises: une vidéo. La captation d'un viol collectif commis 5 ans auparavant à l'université, dont Kyle fut le témoin passif. Les charges ont été abandonnées mais cette nouvelle pièce relancerait la machine. Le juriste n'a pas le choix, il faut collaborer. En clair: accepter ce poste chez le plus gros cabinet d'avocat du pays, et communiquer certaines informations sur de très, très gros clients... Le dilemme est de taille. La sortie ? Inextricable...

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Bon. Le truc génial chez Grisham, c'est que jamais, au grand jamais, tu ne peux deviner ce qui va se passer à la dernière page. Que tu viennes d'entamer le bouquin, que tu sois en plein milieu ou que tu sois à trois pages de la fin.
C'est un des rare policiers que j'ai lu qui n'a pas viré au thriller sanglant, meurtrier. L'histoire ne tourne pas autour d'un cadavre. Et ça a son côté cool ! Angoissant, aussi. Je sais pas.
J'ai apprécié l'univers juridique décrit par la plume de Grisham. Un univers beaucoup trop réaliste. Des avocats vénaux vivant greffés à leur montre: facturation étant le seul mot d'ordre. Tout facturer: des heures travaillées, aux heures passées à ne rien faire, du dîner que l'on s'offre avec son patron, au plein dont on a eu besoin de faire, pour rejoindre son amante.
Des avocats dans leur bureau cent heures par semaine. Des coups de poignard dans le dos. De la bataille interne pour devenir associés.
Si l'histoire n'est pas trop mal, c'est surtout l'ambiance qui m'a fasciné. Mais cela reste un roman ni angoissant, ni étouffant. Plutôt le genre de policier gentil. Il ne se passe pas grand chose. Mais on reste accroché, parce que l'on veut savoir. Si la fin du livre nous énerve, elle n'est pas non plus exceptionnellement notable.

En bref, c'est un livre qui n'est ni mauvais, ni excellent. Un peu comme un 12/20.
Je n'y penserai plus dans deux mois, mais il m'a vraiment donné l'envie d'en lire encore un, de Grisham. Alors tout n'est pas perdu.

Disponible en Grand Format: Michel Laffont, 21€
Disponible en poche: Pocket 7.40€

7.11.11

King Stephen - La Ligne Verte.




Résumé de l'éditeur:

En 1996, Stephen King crée l'évènement en renouant avec la grande tradition du roman-feuilleton, à l'instar d'illustres prédécesseurs du XIXème siècle, tels que Dickens ou Alexandre Dumas. Cette histoire est composée de six épisodes, écrits à un mois d'intervalle et parus simultanément dans plusieurs pays.
Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey, ce grand noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes, qui défraya la chronique en 1932. La Ligne Verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.
Aux frontières du roman noir et du fantastique, ce récit est aussi une brillante réflexion sur la peine de mort. Un livre de Stephen King très différent de ses habituelles incursions dans l'horreur, terriblement efficace et dérangeant.

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Vous avez vu le film ? QUE L'INCULTE QUI NE L'A PAS VU LEVE LA MAIN ! Vous ? Alors houste, prenez une boîte de mouchoirs, et hop sur le canapé. C'est le film le plus merveilleux du monde. Les acteurs sont parfaits, le scénario du livre est carrément respecté.
Et puis c'est le genre de film qui vous fait pleurer tout ce que vous avez dans l'corps. Qui fait changer vos a priori. Celui qui vous donne envie d'ouvrir la fenêtre & d'hurler jusqu'à ce que votre gorge implose.

Mais je m'égare. Wo, on parle de bouquins ici ou non ? Bon alors !
J'ai lu le livre après avoir vu le film. Je ne dirais pas que c'est la meilleure chose à faire, mais c'pas la pire non plus. Comprenez ici: les deux sont tellement "similaires", le livre est tellement respecté, que vous pouvez faire comme vous voulez quoi. Voir le film en premier m'a permis d'pas vomir sur mes pages. Il m'a permit d'avoir dans la tête des personnages déjà créés. Parfois c'est quelque chose de mauvais. Ici, non. Pas du tout. Ouvrez le livre, et vous verrez que Tom Hanks dans le rôle de Paul, c'est juste une évidence. Que la salle de la mise à mort, ou encore le bloc E (où sont détenus les condamnés à mort) sont tellement identiques dans l'livre & dans l'film, qu'on dirait que le bouquin a été écrit après.

C'était mon premier Stephen King (à lire, j'entends. J'ai vu l'adaptation de Carrie, il y a peu). Sûrement pas le dernier. Je suis soufflée: qu'on puisse mettre tant de détails entre les pages, sans jamais perdre le fil, ni le lecteur. Qu'on puisse avoir une plume si souple & pourtant si lourde de sens, de conséquence.
Omagad ?

(Je n'ai pas dormi depuis.. plus de 34 heures. Pardonnez cet article bien faible je vous prie ><)

Disponible en format poche: Le livre de Poche, 7.50€

18.10.11

Foenkinos David - En cas de bonheur ?




Résumé de l'éditeur:

"Un autre soir, Claire accepta d'aller au restaurant. Une fois assis, Jean-Jacques fut torturé par une angoisse existentielle majeure:
- J'hésite entre une pizza ou des pâtes. C'est tout le problème des restaurants italiens.
- C'est tout le problème de la vie, ironisa Claire."
David Foenkinos fait partie de la famille des écrivains satiristes, ceux qui s'emparent d'un sujet pour le malaxer & en tirer un jus très noir. L'auteur, ici, ne change pas sa nature en s'en prenant à la question du couple contemporain. Entre promesse, ennui, répétition de jours nuls & adultère salvateur, où situer le couple (ou ce qu'il en reste), cette figure du malheur des sociétés démocratiques avancées ? Réponse grâce à Jean-Jacques & Claire, les sémillants protagonistes de ce roman sans pitié sur la misère sentimentale.
Un très bon roman, signé par un jeune homme de trente ans qui a été en 2003 le lauréat de la Fondation Hachette & a reçu le prix Roger-Nimier 2004 pour une fiction très tonique (& programmatique) "Le potentiel érotique de ma femme".

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Je ne sais plus quoi penser. Foenkinos joue au golf avec mon cerveau. Super swing, mon David ! (C'est dans ces moments que j'me dis que me coucher tôt ne me ferait pas de mal).
En cas de bonheur a un goût de dentifrice. C'est super frais, ça sent la menthe, mais c'est dégueu si tu prends quelque chose après (comme du jus d'oranges, mais là encore je m'égare). Il était tellement chouette ce livre. Il m'a donné envie de me marier, de m'installer, il m'a donné envie de me disputer, de casser des assiettes, il m'a donné envie d'aller en dîner en amoureux, il m'a donné envie d'acheter les roses du Pakistanais qui les vend de table en table, il m'a donné envie de lire, il m'a donné envie d'écrire, il m'a donné envie de courir sous la pluie, d'ouvrir les fenêtres. Il m'a donné envie de vivre.
Il y a du vrai partout dans les lignes de Foenkinos. Sa vision de l'infidélité comme "c'est très simple pour un homme de séduire une femme mariée" me fait peur. Il analyse chaque sentiment humain & l'expose ainsi "Vous voyez, tout est normal !". Mais cela vous fait plus de mal qu'autre chose: non, vous n'étiez pas différent, vous êtes exactement comme tout le monde.

Je m'égare non ?

J'ai préféré En cas de bonheur à La délicatesse. J'ai préféré La délicatesse au Potentiel érotique de ma femme. J'ai préféré.. CHUT.

Disponible en grand format: Flammarion, 16€
Disponible en livre de poche: J'ai lu, 4.80€

Foenkinos David - Le potentiel érotique de ma femme.




Résumé de l'éditeur:

Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritifs, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les oeufs d'oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux & s'est marié.
Alors, il s'est mis à collectionner sa femme.

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C'est bizarre cette lubie.. Non, pas celle d'Hector & de ses collections, c'est de la mienne dont je parle ici. Celle d'avoir lu un Foenkinos, & de tous les enchaîner. Bam bam bam, c'est mon quatrième (le troisième vient après cet article, la logique n'est mon fort, d'accord ?!) & je-l-espère-pas-dernier Foenkinos. Bien que celui-ci soit celui que j'ai le moins apprécié (overdose peut-être ?), il reste clairement très bon.
Si je l'ai moins aimé, cela résulte de facteurs très personnels: je n'avais pas mon amoureux avec moi ce jour là (ce n'est pas rien, quand on lit une histoire d'amour), j'avais lu quatre Foenkinos à la suite, et puis il pleuvait, et puis mon train était supprimé, & puis & puis & puis.
Nan mais c'bouquin est super. Amour, humour, pas de gnangnantise & beaucoup de questions (parfois des réponses) sur la vie. J'y ai retrouvé ce que j'admire chez Foenkinos: la possibilité de faire de tout la plus belle des métaphore.
Je le relirais dans un autre contexte dans quelques mois, & je viendrais en retoucher deux mots ici, je vous le promets !

Disponible en grand format: Je ne sais quelle édition, de toute façon elle n'est plus disponible.
Disponible en format poche: Folio, 5.70€

11.10.11

Watson S.J. - Avant d'aller dormir.




Résumé de l'éditeur:

A la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie: chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.

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La vie est injuste. J'utilise cette phrase pour la seconde fois en une heure. Le contexte change, l'idée reste. "Coucou j'écris mon premier roman, et je viens de franchir la barre des 70.000 exemplaires vendus." Pourtant, avec sa bouille d'écrivain hors-normes, on ne peut lui en vouloir (Regardez par ici). Un air à la Coben, on est d'accord ? Peut-être les best-sellers-eurs de thriller anglophones sont condamnés à être chauves..
Nan vraiment, je m'y attendais pas. La 4ème de couverture m'angoissait un peu: une nana qui se réveille tous les jours sans savoir qui elle est, j'avais peur que ce soit rébarbatif à souhait, qu'on finisse par s'ennuyer, se mordre la queue, bref. J'avais peur de décrocher.
Mais pas du tout. Le style de Watson est un peu une barque dans laquelle on se déplace d'une scène à une autre. C'est lent, parfois ça remue un peu. C'est un roman policier qui vous met dans un labyrinthe de portes, vous donne une clé & vous dit "t'as 400 pages, maintenant débrouille toi !".
Beaucoup ont dit qu'ils avaient compris le truc dès le début du roman. Qu'ils savaient, que c'était évident. Je leur tire mon chapeau très bas, je le met sous terre.
Parce que pour reprendre ma métaphore quelques lignes plus tôt, j'ai personnellement été menée en bateau.

Les éditions sonatines ne m'ont jamais déçues. Serait-ce une boîte à succès ? Je sais pas. Le seul truc dont j'suis certaine, c'est que voilà quoi, c'est un auteur de suivre de près. Et ça, c'est élémentaire mon cher Watson (je devais impérativement la placer sous peine de frustration)

Disponible en grand format: Editions Sonatines, 21€

5.10.11

Foenkinos David - Nos séparations




Résumé de l'éditeur:

"Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Emilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au dessus-de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité".
Alice & Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons: la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux polonais comme toujours, les cheveux & les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr.

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Il y a un seul inconvénient à avoir lu La délicatesse comme premier roman de Foenkinos. C'est la peur d'être déçu. Je veux dire, quand on a mangé un chocolat fourré à la praline, on a peur de tomber sur un avec de la liqueur dedans. C'est du chocolat quand même, mais ça n'a rien à voir.
Là j'ai ouvert la boîte, j'ai pris le chocolat, j'ai mis deux dents dedans (paronomase, révision des figures de style oblige) et.. Et j'suis tombée sur un chocolat fourrée à la praline avec de la crème anglaise en plus. Je l'ai gobé.
Plus sérieusement (& de façon moins gourmande), Nos Séparations est magique. Magnifique. Je le mets dans mon top 10 obligatoirement. Dans mon top 5 sûrement. Et dans mon top 3 possiblement.
Nos séparations est LE livre que j'aurai aimé écrire. C'est la première fois que je ressens un truc comme ça, mais c'est ce que je me suis dit une fois le livre refermé.
Ce que j'ai pensé ensuite ? Ne jamais me séparer trop longtemps de ce livre. Le faire lire par tout le monde. Le relire mille fois.
Me tatouer le livre en entier sur le corps. Me servir des pages comme de feuilles de thé, infusion à la magnificence. L'acheter en 12 exemplaires, un pour chaque pièce de ma maison. Me le faire greffer à la place du coeur. Sûrement.

Disponible en grand format: Gallimard, 16€
Disponible en format poche: Folio, 5.70€