2.12.11

Thilliez Franck - Vertige.




Résumé de l'éditeur:

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une question s'imposera, impérieuse: jusqu'où faut-il aller pour survivre ?
Pour son 10° roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue décortiquer l'âme humaine, confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu'à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore...

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Le deux trucs géniaux avec Thilliez, c'est que tout d'abord, il est français. Ca paraît rien comme ça, mais en fait, c'est une sorte de fierté nationale. Comme la Tour Eiffel, mais en moins métallique. Quoique ? Et puis, ses romans se passent en France. Plutôt dans le Nord en général (il vient de là-bas, notre Thilliez), ici on est du côté de Metz. Il existe de gros psychopathes en France, c'est bon à savoir.
C'est l'histoire de Jonathan, qui se réveille dans une grotte. Avec deux autres hommes, et son chien. Après avoir ratissé la grotte au peigne fin (façon de parler, deux sont enchainés & n'ont pas une possibilité extraordinaire de se mouvoir) ils mettent la main sur deux paires de gants, deux duvets, deux gobelets, deux oranges, deux bouteilles de Vodka, deux paquets de clopes, un briquet, un réchaud, une casserole, deux assiettes, deux fourchettes & cinq bouteilles de gaz. Ils sont trois. Commencent alors des guerres de possession, où le partage n'aura pas vraiment sa place.
Ils ne se nourrissent pas. S'hydratent en faisant fondre de la glace dans leur casserole. Ils gêlent, engelure & baisse de température interviennent. Les instincts remontent progressivement à la surface. La survie n'est pas vraiment fondée sur l'entraide, au premier abord.

La vraie question, c'est pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi ces messages écrits dans leur dos ? Chacun raconte son histoire, avec mensonges & omissions. Ces histoires sont mêlées. Comment & pourquoi ?

Ce livre tient du génie :) il est captivant, lu beaucoup trop rapidement. On est noyé dans une espèce de mélasse noire opprimante. Mais on lâche pas. On veut savoir.
C'est pas tellement le genre de bouquin auquel Franck Thilliez nous a habitué, avec ses précédents thrillers. Ici, on est plus dans un remake des films Saw. Et ce changement de bord, peut-être passager, lui va bien. On en redemande.

Disponible en grand format: Fleuve Noir, 20.90€

29.11.11

Grisham John - L'infiltré.




Résumé de l'éditeur:

Fraîchement diplômé de Yale et promis à une brillante carrière, Kyle McAvoy, jeune avocat, pensait emprunter l'autoroute du succès. C'était sans compter l'intervention d'une poignée de costumes noirs se réclamant du FBI. Dans leurs valises: une vidéo. La captation d'un viol collectif commis 5 ans auparavant à l'université, dont Kyle fut le témoin passif. Les charges ont été abandonnées mais cette nouvelle pièce relancerait la machine. Le juriste n'a pas le choix, il faut collaborer. En clair: accepter ce poste chez le plus gros cabinet d'avocat du pays, et communiquer certaines informations sur de très, très gros clients... Le dilemme est de taille. La sortie ? Inextricable...

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Bon. Le truc génial chez Grisham, c'est que jamais, au grand jamais, tu ne peux deviner ce qui va se passer à la dernière page. Que tu viennes d'entamer le bouquin, que tu sois en plein milieu ou que tu sois à trois pages de la fin.
C'est un des rare policiers que j'ai lu qui n'a pas viré au thriller sanglant, meurtrier. L'histoire ne tourne pas autour d'un cadavre. Et ça a son côté cool ! Angoissant, aussi. Je sais pas.
J'ai apprécié l'univers juridique décrit par la plume de Grisham. Un univers beaucoup trop réaliste. Des avocats vénaux vivant greffés à leur montre: facturation étant le seul mot d'ordre. Tout facturer: des heures travaillées, aux heures passées à ne rien faire, du dîner que l'on s'offre avec son patron, au plein dont on a eu besoin de faire, pour rejoindre son amante.
Des avocats dans leur bureau cent heures par semaine. Des coups de poignard dans le dos. De la bataille interne pour devenir associés.
Si l'histoire n'est pas trop mal, c'est surtout l'ambiance qui m'a fasciné. Mais cela reste un roman ni angoissant, ni étouffant. Plutôt le genre de policier gentil. Il ne se passe pas grand chose. Mais on reste accroché, parce que l'on veut savoir. Si la fin du livre nous énerve, elle n'est pas non plus exceptionnellement notable.

En bref, c'est un livre qui n'est ni mauvais, ni excellent. Un peu comme un 12/20.
Je n'y penserai plus dans deux mois, mais il m'a vraiment donné l'envie d'en lire encore un, de Grisham. Alors tout n'est pas perdu.

Disponible en Grand Format: Michel Laffont, 21€
Disponible en poche: Pocket 7.40€

7.11.11

King Stephen - La Ligne Verte.




Résumé de l'éditeur:

En 1996, Stephen King crée l'évènement en renouant avec la grande tradition du roman-feuilleton, à l'instar d'illustres prédécesseurs du XIXème siècle, tels que Dickens ou Alexandre Dumas. Cette histoire est composée de six épisodes, écrits à un mois d'intervalle et parus simultanément dans plusieurs pays.
Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey, ce grand noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes, qui défraya la chronique en 1932. La Ligne Verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.
Aux frontières du roman noir et du fantastique, ce récit est aussi une brillante réflexion sur la peine de mort. Un livre de Stephen King très différent de ses habituelles incursions dans l'horreur, terriblement efficace et dérangeant.

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Vous avez vu le film ? QUE L'INCULTE QUI NE L'A PAS VU LEVE LA MAIN ! Vous ? Alors houste, prenez une boîte de mouchoirs, et hop sur le canapé. C'est le film le plus merveilleux du monde. Les acteurs sont parfaits, le scénario du livre est carrément respecté.
Et puis c'est le genre de film qui vous fait pleurer tout ce que vous avez dans l'corps. Qui fait changer vos a priori. Celui qui vous donne envie d'ouvrir la fenêtre & d'hurler jusqu'à ce que votre gorge implose.

Mais je m'égare. Wo, on parle de bouquins ici ou non ? Bon alors !
J'ai lu le livre après avoir vu le film. Je ne dirais pas que c'est la meilleure chose à faire, mais c'pas la pire non plus. Comprenez ici: les deux sont tellement "similaires", le livre est tellement respecté, que vous pouvez faire comme vous voulez quoi. Voir le film en premier m'a permis d'pas vomir sur mes pages. Il m'a permit d'avoir dans la tête des personnages déjà créés. Parfois c'est quelque chose de mauvais. Ici, non. Pas du tout. Ouvrez le livre, et vous verrez que Tom Hanks dans le rôle de Paul, c'est juste une évidence. Que la salle de la mise à mort, ou encore le bloc E (où sont détenus les condamnés à mort) sont tellement identiques dans l'livre & dans l'film, qu'on dirait que le bouquin a été écrit après.

C'était mon premier Stephen King (à lire, j'entends. J'ai vu l'adaptation de Carrie, il y a peu). Sûrement pas le dernier. Je suis soufflée: qu'on puisse mettre tant de détails entre les pages, sans jamais perdre le fil, ni le lecteur. Qu'on puisse avoir une plume si souple & pourtant si lourde de sens, de conséquence.
Omagad ?

(Je n'ai pas dormi depuis.. plus de 34 heures. Pardonnez cet article bien faible je vous prie ><)

Disponible en format poche: Le livre de Poche, 7.50€

18.10.11

Foenkinos David - En cas de bonheur ?




Résumé de l'éditeur:

"Un autre soir, Claire accepta d'aller au restaurant. Une fois assis, Jean-Jacques fut torturé par une angoisse existentielle majeure:
- J'hésite entre une pizza ou des pâtes. C'est tout le problème des restaurants italiens.
- C'est tout le problème de la vie, ironisa Claire."
David Foenkinos fait partie de la famille des écrivains satiristes, ceux qui s'emparent d'un sujet pour le malaxer & en tirer un jus très noir. L'auteur, ici, ne change pas sa nature en s'en prenant à la question du couple contemporain. Entre promesse, ennui, répétition de jours nuls & adultère salvateur, où situer le couple (ou ce qu'il en reste), cette figure du malheur des sociétés démocratiques avancées ? Réponse grâce à Jean-Jacques & Claire, les sémillants protagonistes de ce roman sans pitié sur la misère sentimentale.
Un très bon roman, signé par un jeune homme de trente ans qui a été en 2003 le lauréat de la Fondation Hachette & a reçu le prix Roger-Nimier 2004 pour une fiction très tonique (& programmatique) "Le potentiel érotique de ma femme".

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Je ne sais plus quoi penser. Foenkinos joue au golf avec mon cerveau. Super swing, mon David ! (C'est dans ces moments que j'me dis que me coucher tôt ne me ferait pas de mal).
En cas de bonheur a un goût de dentifrice. C'est super frais, ça sent la menthe, mais c'est dégueu si tu prends quelque chose après (comme du jus d'oranges, mais là encore je m'égare). Il était tellement chouette ce livre. Il m'a donné envie de me marier, de m'installer, il m'a donné envie de me disputer, de casser des assiettes, il m'a donné envie d'aller en dîner en amoureux, il m'a donné envie d'acheter les roses du Pakistanais qui les vend de table en table, il m'a donné envie de lire, il m'a donné envie d'écrire, il m'a donné envie de courir sous la pluie, d'ouvrir les fenêtres. Il m'a donné envie de vivre.
Il y a du vrai partout dans les lignes de Foenkinos. Sa vision de l'infidélité comme "c'est très simple pour un homme de séduire une femme mariée" me fait peur. Il analyse chaque sentiment humain & l'expose ainsi "Vous voyez, tout est normal !". Mais cela vous fait plus de mal qu'autre chose: non, vous n'étiez pas différent, vous êtes exactement comme tout le monde.

Je m'égare non ?

J'ai préféré En cas de bonheur à La délicatesse. J'ai préféré La délicatesse au Potentiel érotique de ma femme. J'ai préféré.. CHUT.

Disponible en grand format: Flammarion, 16€
Disponible en livre de poche: J'ai lu, 4.80€

Foenkinos David - Le potentiel érotique de ma femme.




Résumé de l'éditeur:

Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritifs, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les oeufs d'oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux & s'est marié.
Alors, il s'est mis à collectionner sa femme.

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C'est bizarre cette lubie.. Non, pas celle d'Hector & de ses collections, c'est de la mienne dont je parle ici. Celle d'avoir lu un Foenkinos, & de tous les enchaîner. Bam bam bam, c'est mon quatrième (le troisième vient après cet article, la logique n'est mon fort, d'accord ?!) & je-l-espère-pas-dernier Foenkinos. Bien que celui-ci soit celui que j'ai le moins apprécié (overdose peut-être ?), il reste clairement très bon.
Si je l'ai moins aimé, cela résulte de facteurs très personnels: je n'avais pas mon amoureux avec moi ce jour là (ce n'est pas rien, quand on lit une histoire d'amour), j'avais lu quatre Foenkinos à la suite, et puis il pleuvait, et puis mon train était supprimé, & puis & puis & puis.
Nan mais c'bouquin est super. Amour, humour, pas de gnangnantise & beaucoup de questions (parfois des réponses) sur la vie. J'y ai retrouvé ce que j'admire chez Foenkinos: la possibilité de faire de tout la plus belle des métaphore.
Je le relirais dans un autre contexte dans quelques mois, & je viendrais en retoucher deux mots ici, je vous le promets !

Disponible en grand format: Je ne sais quelle édition, de toute façon elle n'est plus disponible.
Disponible en format poche: Folio, 5.70€

11.10.11

Watson S.J. - Avant d'aller dormir.




Résumé de l'éditeur:

A la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie: chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.

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La vie est injuste. J'utilise cette phrase pour la seconde fois en une heure. Le contexte change, l'idée reste. "Coucou j'écris mon premier roman, et je viens de franchir la barre des 70.000 exemplaires vendus." Pourtant, avec sa bouille d'écrivain hors-normes, on ne peut lui en vouloir (Regardez par ici). Un air à la Coben, on est d'accord ? Peut-être les best-sellers-eurs de thriller anglophones sont condamnés à être chauves..
Nan vraiment, je m'y attendais pas. La 4ème de couverture m'angoissait un peu: une nana qui se réveille tous les jours sans savoir qui elle est, j'avais peur que ce soit rébarbatif à souhait, qu'on finisse par s'ennuyer, se mordre la queue, bref. J'avais peur de décrocher.
Mais pas du tout. Le style de Watson est un peu une barque dans laquelle on se déplace d'une scène à une autre. C'est lent, parfois ça remue un peu. C'est un roman policier qui vous met dans un labyrinthe de portes, vous donne une clé & vous dit "t'as 400 pages, maintenant débrouille toi !".
Beaucoup ont dit qu'ils avaient compris le truc dès le début du roman. Qu'ils savaient, que c'était évident. Je leur tire mon chapeau très bas, je le met sous terre.
Parce que pour reprendre ma métaphore quelques lignes plus tôt, j'ai personnellement été menée en bateau.

Les éditions sonatines ne m'ont jamais déçues. Serait-ce une boîte à succès ? Je sais pas. Le seul truc dont j'suis certaine, c'est que voilà quoi, c'est un auteur de suivre de près. Et ça, c'est élémentaire mon cher Watson (je devais impérativement la placer sous peine de frustration)

Disponible en grand format: Editions Sonatines, 21€

5.10.11

Foenkinos David - Nos séparations




Résumé de l'éditeur:

"Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Emilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au dessus-de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité".
Alice & Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons: la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux polonais comme toujours, les cheveux & les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr.

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Il y a un seul inconvénient à avoir lu La délicatesse comme premier roman de Foenkinos. C'est la peur d'être déçu. Je veux dire, quand on a mangé un chocolat fourré à la praline, on a peur de tomber sur un avec de la liqueur dedans. C'est du chocolat quand même, mais ça n'a rien à voir.
Là j'ai ouvert la boîte, j'ai pris le chocolat, j'ai mis deux dents dedans (paronomase, révision des figures de style oblige) et.. Et j'suis tombée sur un chocolat fourrée à la praline avec de la crème anglaise en plus. Je l'ai gobé.
Plus sérieusement (& de façon moins gourmande), Nos Séparations est magique. Magnifique. Je le mets dans mon top 10 obligatoirement. Dans mon top 5 sûrement. Et dans mon top 3 possiblement.
Nos séparations est LE livre que j'aurai aimé écrire. C'est la première fois que je ressens un truc comme ça, mais c'est ce que je me suis dit une fois le livre refermé.
Ce que j'ai pensé ensuite ? Ne jamais me séparer trop longtemps de ce livre. Le faire lire par tout le monde. Le relire mille fois.
Me tatouer le livre en entier sur le corps. Me servir des pages comme de feuilles de thé, infusion à la magnificence. L'acheter en 12 exemplaires, un pour chaque pièce de ma maison. Me le faire greffer à la place du coeur. Sûrement.

Disponible en grand format: Gallimard, 16€
Disponible en format poche: Folio, 5.70€

2.10.11

Grisham John - La Confession.




Résumé de l'éditeur:

Donté Drumm, jeune Afro-Américain de 27 ans, n'a plus que quelques jours à vivre. Après huit années passées dans le couloir de la mort, il va être exécuté par injection létale pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce n'est pas lui qui a enlevé, violé & tué Nicole Yarber, une pom-pom girl de son lycée de Sloan, au Texas: des aveux lui ont été extorqués par des policiers racistes & son procès a été une pure mascarade. Quatre jours avant l’exécution, un certain Travis Boyette se confesse à Keith Schroeder, pasteur à Topeka, dans le Kansas, et revendique ce meurtre odieux. Atteint d'une tumeur cérébrale, cet homme s'est résolu à sauver un innocent. Schroeder accepte de conduire Boyette au Texas: ce voyage va totalement bouleverser sa vie. Les deux hommes parviendront-ils à convaincre les avocats, les juges, le gouverneur de la crédibilité du multirécidiviste Travis Boyette ?
Dans la veine des meilleurs Grisham, voilà une intrigue politico-judiciaire très maîtrisée et qui se relève être un vrai réquisitoire contre la peine de mort.

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Le truc carrément dans l'actualité, après le meurtre de Troy Davis. Ce roman m'a filé un coup, une gifle, une claque. Que dis-je une claque, un énorme pain dans la gueule.
J'pourrais être hantée, vraiment. Je ne peux pas spoiler, je ne veux pas spoiler.
Tour à tour, on aime Boyette (qui s'appelle Travis: le début du prénom & la fin du nom de Troy Davis. Coincidence ?) on le déteste, on veut qu'il survive à sa tumeur, on espère qu'il en crèvera. On déteste la mère de la victime qui se base sur de fausses accusations, on lui pardonne parce qu'elle ne sait pas, on cherche à la secouer pour qu'elle ouvre les yeux. Mais trois personnes auront notre respect du début à la fin: Donté bien sûr. Le pasteur Schroeder. Et l'homme dont je suis tombée raide dingue, l'avocat. Intelligent, jamais suspicieux, se battant bec & ongles. Je crois que quand la vie d'un homme dépend de notre prestation devant un jury, on s'écroule. Mais pas lui. Jamais. Jamais jamais jamais.
C'est certainement le livre qui me hantera le plus ces prochains mois. Je déteste le gouvernement Texan, leurs vieux clichés & leur peine de mort stupide (au début de ma phrase j'pensais au bouquin, là j'suis plus sûre de faire la distinction avec la réalité).
Sérieux, donner au Gouverneur le droit de vie ou de mort sur quelqu'un, ça ne choque que moi ?

Pour comprendre le calvaire de Troy Davis, lisez ce livre. Et multipliez le par 1000.

Grisham vous êtes un génie. Et depuis que j'ai tourné la dernière page de votre livre, je suis différente.

Disponible en grand format (uniquement): Robert Laffont Best-Sellers, 21.50€

Beigbeder Frédéric - L'égoïste romantique.




Résumé de l'éditeur:

Cette histoire commence en l'an 2000. Oscar Dufresne a 34 ans. C'est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique & obsédé sexuel - bref, c'est un homme comme les autres.
Ainsi l'auteur définit-il son livre, roman-journal et chronique des "people": "Il faudrait pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d'antijournal. C'est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril."

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Il est de ces livres qui sont des tournants dans votre vie. Ceux qui font mal, qui font pleurer, ceux qui font sourire, ceux qui font rire. Et puis on a celui-ci, un peu à part. Oh il n'est pas seul dans sa catégorie: il y rejoint les seuls membres acceptés dans cette case, en gros les romans de Beigbeder (J'ajouterai bien le roman de Lolita Pille, mais ça on s'en tape).
Je sais pas qui je dois remercier, pour ne pas m'être arrêtée de lire Beigbeder après L'amour dure trois ans. J'aurai carrément loupé quelque chose en ne lisant pas l’Égoïste romantique.
Ya tout c'qu'on peut aimer: du cynisme, un tout ptit peu d'amour, des filles, un homme (vous comprenez ?), énormément de très belles phrases, parce que beaucoup beaucoup beaucoup d'intelligence & de culture chez Frédéric.
C'est pas tant l'humour & le cynisme que j'apprécie. Ce sont ses jolies phrases. Alors ouais, des jolies phrases j'pourrais en trouver dans Dumas, Balzac ou je ne sais quoi. Mais c'est plus chiant.

J'ai rien à dire en fait. J'ai juste vraiment vraiment apprécié ce livre (rien que pour la vanne de (et non pas sur) Amélie Nothomb :) )

Disponible en grand format: Grasset, 18€
Disponible en livre de format poche: Gallimard, 7.30€

1.9.11

Beigbeder Frédéric - Dernier inventaire avant liquidation.




Je ne peux pas vous parler de la 4° de couverture, il n'y en a pas. Ici, Beigbeder s'adonne à un essai. Il s'agit d'analyses littéraires des 50 meilleurs livres du XX°s, choisis par les lecteurs.

Avec environ trois pages par livre, un autre oeil sur la littérature.

J'avais pas été fana de L'amour dure trois ans, sûrement pour des raisons personnelles (et parce que le cynisme à l'entonnoir, sans façon, merci !) mais là, j'applaudis. Des deux mains. Des mains et des pieds même !
Alors oui ça marche. L'humour ironique de Beigbeder se mêle totalement à la littérature. Que ce soit des petites piques lancées entre deux lignes, ou des réflexions positives sur une oeuvre en particulier, on y prend goût.

Ca se lit rapidement, mais on peut prendre tout son temps: les analyses n'ont aucun lien les unes les autres. C'est vraiment tip-top, & je ne suis plus fâchée avec Beigbeder.

Le seul hic que j'peux donner, c'est qu'il n'est pas à la portée de tout le monde. Il faut avoir lu les bouquins cités, ou au moins en avoir eu connaissance, sinon c'est assez lourd, et même chiant (perso, j'ai zappé les analyses des livres que je n'ai pas lu, parce que je n'arrivais pas à me mettre dedans).
Sinon, c'est D.I.V.I.N

Disponible en grand format: Grasset, 13.60€
Disponible en format poche: Gallimard, 5.42€